Extrait du livre 1

 

 

L’auteur a accepté de dévoiler quelques unes des pages de son livre

« Qui veut encore tuer le Christ ? »

afin de donner un aperçu de ce qu’il a eu le courage d’écrire.

 

 

Le lecteur trouvera, en feuilletant les pages visibles de ce livre, quelques uns des ingrédients développés régulièrement dans les forums proposés aux internautes spécialisés : sectes dangereuses, satanisme violent, rituels des messes noires, scarifications, rapt d’enfants, pédophilie, sacrifices humains, suicides imposés par les gourous, puissance des Illuminati, face cachée des francs-Maçons, actions nébuleuses des services secrets, le Nouvel Ordre Mondial, le fanatisme religieux, les mensonges de la Bible, l’existence des complots, les attentats, les tortures, l’amour, la trahison, etc.

Vous aurez donc la possibilité de lire divers petits extraits que vous pourrez découvrir ci-dessous… Dans la mesure où vous seriez intéressés par ce que vous allez découvrir, vous aurez la possibilité de commander le livre :

Qui veut encore tuer le Christ ?

 

En adressant votre demande à l’auteur :

Gilbert ABAS

A L’adresse suivante :

2, Place des Cerisiers. 31850 Beaupuy

ou en utilisant ses coordonnées téléphoniques :

0561842134

ou par mail :

 

 

EXTRAITS DU LIVRE

 

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PAGES INVISIBLES

 

 

Scarifications :

… La lame froide et acérée du rasoir remontait le long des veines gonflées du bras gauche d’Helmos, s’efforçant à dénicher le terrain idéal pour y tailler une plaie insolite. La hardiesse de son geste agressif illustrait habituellement les pulsions affectives qu’il éprouvait sur le moment. Lorsqu’il était satisfait, sa dague acérée et aérienne gondolait délicatement, comme la brise sur les épis de blé, au-dessus des poils jaunis par la chaleur de l’été. Dès que le désespoir l’accablait, la lame impérieuse, sectionnait alors sans pitié tout ce qui osait s’opposer à son passage. Quelle que soit la tendance du moment, elle se promenait toujours avec désarroi, sur sa peau tuméfiée.

En réalité, Helmos rencontrait aujourd’hui des difficultés pour déceler un petit peu d’espace sur cette peau envahie de plaies et de cicatrices rougeoyantes et vultueuses. En effet, du dos de la main jusqu'à l’épaule, tout son membre était affreusement tailladé.

Les différentes chéloïdes, obtenues par des blessures volontaires, dévoilaient les étapes successives de sa métamorphose « artistique » et de son « talent » d’automutilation. Il avait commencé, à traduire son mal être et son impulsivité en s’acharnant la première fois sur son poignet. De nombreuses cicatrices encore naïves, en forme de stries boursouflées et corallines, blessaient son épiderme enflé et rougi. Aucune excentricité n’apparaissait encore à cet endroit. Ce n’était qu’une succession de coupures plus ou moins longues qui se chevauchaient parfois maladroitement.

Plus haut, juste en dessous de la saignée du coude, les entailles faisaient déjà l’objet de recherches plus raffinées. Des signes cabalistiques, qui ressemblaient étrangement à l’alphabet runique, côtoyaient des figures plus évidentes. Parmi celles-ci, une croix renversée et le chiffre « 666 », celui du diable, s’affichaient avec provocation. Sur le biceps, entre deux brûlures effrayantes, le mot « SATAN » était tracé en lettres gothiques.

Sa première scarification avait été néanmoins longuement réfléchie. Ce jour-la, il était dans sa chambre, affreusement tourmenté par une dépression qui ne le quittait plus. Elle était apparue, lorsqu’il avait eu l’infortune de faire sérieusement le bilan de sa vie. Tout paraissait, en effet, particulièrement négatif. Son existence juvénile était déjà parsemée de catastrophes et de douleur. Alors, chaque fois qu’il réveillait accidentellement son passé, des lamentations spasmodiques secouaient son corps et lui arrachaient des larmes de désespoir inimaginables. Mais, lorsque ses yeux taris demeuraient stériles, il ressentait à ce moment-là le besoin inconscient de se détruire davantage.

Au cours de ces périodes de fureur excessives, favorisées par une prise importante d’atropine, un hallucinogène végétal puissant, des allégories lointaines surgissaient énigmatiquement de l’Histoire ancienneet envahissaient, malgré lui, son esprit persécuté et blessé. Au fur et à mesure que sa douleur montait en puissance, ces métaphores des temps anciens se précisaient davantage, réussissant à déchirer victorieusement le voile opiniâtre qui les tenait emprisonnées dans un passé fatalement nébuleux. Leurs images, toujours inédites, apparaissaient alors subitement comme dans un écran de télévision fraîchement allumé.

Attiré par des forces puissantes inexpliquées, Helmosse sentait aspiré indiscrètement à l’intérieur de cette rétrospective vivante et ancienne, jusqu’à lui permettre de surgir soudainement dans une scène vivante d’un péplum sanguinaire de la Rome antique. Il devenait alors, pendant cette résurgence mythologique mystérieuse, l’acteur principal et involontaire d’un tableau historique qu’il semblait pourtant avoir déjà connu auparavant.

Aujourd’hui encore, il était interpellé par des cris terrifiants qui assaillaient ses tympans. En regardant autour de lui, il devina, hébété, une foule excitée et belliqueuse, assise dans l’arène romaine, qui baissait le pouce pour lui commander de tuer l’homme couché à ses pieds. Il entendait les hurlements féroces qui sortaient des gosiers des mâles exacerbés, mêlés aux cris acérés des femmes qui les accompagnaient.

Il percevait la chaleur accablante sur son corps brûlé par le soleil. Il sentait les odeurs du sang, fusionnées à celles des fumées qui se dégageaient de la viande rôtie des paons bleus de Sicile. Parfumés de miel et de maniguette du paradis, les gallinacés braisaient dans les thermopolia, autour desquelles s’agglutinaient encore quelques badauds imbibés par l’alcool onctueux des meilleurs « vinum passum » régionaux.

Helmosétait debout et tenait un glaive qui rutilait sous les flammes terrifiantes de Hélios,parcourant fièrement le Zodiaque,sur un char tiré par quatre chevaux impétueux. La poussière étouffait le sang écarlate qui suintait encore d’une plaie béante occasionnée sur son bras armé. Le peuple désirait qu’il frappât le gladiateur blessé et haletant, couché sur le flanc, appuyé sur un coude, la tête levée.

Son adversaire vaincu s’attachait à rester digne. Il ne l’implorait pas, seuls ses yeux le fixaient et le défiaient encore. Sa fierté lui interdisait de baisser la tête pour voir le bras assassin qui lui trancherait la gorge.

- Crève, fils de ton Dieumécréant, esclave putride !  Hurla Helmosen assénant une série de coups furieux sur le combattant samnite, emmêlé dans son jaculumdéchiré.

Les images du Colisées’estompaient alors, à chaque estocade donnée, puis disparaissaient enfin totalement, aussi capricieusement qu’elles étaient apparues.

Helmosse retrouvait à présent, seul, dans sa chambre, se frappant avec rage. Ses ongles acérés griffaient son torse. Insatiable, il cognait avec brutalité tout ce qui l’entourait : les murs, les meubles, les portes et il ne s’arrêtait que lorsque ses phalanges étaient ensanglantées. Satisfait, il regardait couler ce liquide poisseux. La vue de cette liqueur épaisse et vineuse le fascinait. Il ne la quittait pas des yeux.

Il était absolument envoûté.

Lorsque les plaies commençaient à sécher, ses doigts agaçaient impitoyablement les blessures pour y faire sourdre encore quelques gouttes de sang frais. Ce nectar de feu provoquait ainsi une jouissance incompréhensible, quelque chose d’inexplicable, de voluptueux. Le sang, en quittant son corps, semblait emporter la détresse qui l’envahissait habituellement.

Il comprit, ce soir-là, qu’il pourrait se libérer ainsi de toutes les calamités et de la misère qui l’étouffaient, en les expulsant hors de son enveloppe charnelle, par le biais de ce liquide magique.

Depuis, les scarifications s’étaient multipliées à un rythme effréné. Il s’acharnait comme un forcené sur son bras, contraint par un besoin inexorable qui le rongeait toujours davantage.

- Allez, encore une petite, juste une dernière ! Disait-il, alors qu’il savait pertinemment qu’il recommencerait demain.

Aujourd’hui,Helmos ne parvenait plus à trouver un peu de peau inoccupée sur cette toile charnelle que lui offrait son corps atrocement contusionné. Il décidait donc de s’attaquer désormais à son torse, bien qu’il fût déjà déformé par des brûlures occasionnées dernièrement par un accident stupide. Il n’avait jamais employé cette partie de son anatomie, car l’utilisation obligatoire d’un miroir aurait trop compliqué sa tâche. N’ayant déjà pas d’aptitude particulière pour l’art graphique, il ne se sentait pas capable, au demeurant, de se mutiler convenablement en utilisant des gestes qui, pour corser la situation, se réfléchissaient à l’envers dans la glace.

Pourtant il avait choisi de surmonter finalement cette difficulté. Cette initiative, certes pénible, lui permettrait ainsi d’intensifier les agressions contre son corps, cette carapace bestiale qu’il ne pouvait plus supporter.

Pour parfaire son geste diabolique, il s’était efforcé de préparer exceptionnellement un rituel de scarification qui devrait le conduire à exorciser cette souffrance insupportable qu’il portait coutumièrement sur ses épaules, comme s’il s’agissait de la croix du Christ.

La salle était prête. Une psyché sertie de bois d’ébène, se dressait fièrement sur une table recouverte d’une nappe de chanvre noir. De chaque côté, un candélabre à trois branches, placé près d’un athamé, portait des bougies boucanées par le temps. Le purificatoire, avec lequel il essuierait les plaies, recouvrait le calice argenté dans lequel il avait versé de l’éther. Un spot perçait l’obscurité de la pièce et éclairait son torse velu. Enfin la voix glaciale du chanteur du groupe Trust, enchevêtrée dans le déferlement sonore d’une « musique Black Métal » macabre, inondait avec violence la pièce ténébreuse, parfumée par un encens, composé d’oliban et de gomme arabique.

Les bras écartés, la tête pendante, Helmosfit tournoyer sa longue chevelure au rythme infernal d’un refrain morbide dont il reprenait en chœur les paroles du choriste.

- Je renonce à mon Dieu, à sa foi, à ses lois.

Je vais verser mon sang asservi

et signer avec lui, sur ma nouvelle croix.

Les mains, aspirées vers le ciel démoniaque, imploraient Amduscias, le grand Duc desEnfers, le phénix de la musique rugissante.

- Dans ce désert aride d’acier et de pierre, demande à tes 666 légions de guider mon bras armé. Exhorta-t-il.

Exacerbé par le chaos des notes musicales impétueuses, son corps bestial se contorsionnait, tandis que sa bouche, déformée par des brûlures anciennes, parvenait difficilement à expulser des sons inhumains. Ce vacarme volcanique était sensé l’aider à clôturer son cérémonial pernicieux.

Il pouvait maintenant s’adresser au diable.

Pour réussir cette démarche délicate, il s’était vautré sur le sol, les bras allongés dans le prolongement de son corps. S’efforçant de couvrir la voix gutturale du chanteur « métaleux » qui s’arrachait de la chaîne stéréo, il s’époumonait dans un verbiage effarant, destiné à séduire le tentateur.

- Seigneur Lucifer, je te demande d’accepter le sacrifice que je vais t’offrir. Je vais graver une nouvelle empreinte infernale sur mon corps, comme tu l’as déjà fait jadis en plaçant inexorablement ta « griffe » sur moi. Par ce geste brutal, je me range définitivement sous ta protection et ceci durant toute ma vie. Fais agir les démons devant moi, les puissances des enfers, pour qu’ils réalisent mes désirs et qu’ils m’aident à détruire mes ennemis. C’est pour cela, qu’en cette nuit redoutable, je te demande Seigneur Lucifer, Roi des ténèbres, ton aide inégalable afin qu’elle guide ma main dans la réalisation de cette scarification délicate que je t’offre en même temps que ma vie, mon corps et mon sang. 

Au moment où cette supplique infernale s’envolait vers les cieux ténébreux, il se détendit brusquement, brandissant victorieusement au-dessus de sa tête, son scalpel d’argent. Triomphateur, il était alors en mesure de prêter maintenant le « serment sorcier », que seuls les initiés avaient le privilège de prononcer.

- Gloire à Lucifer, le Seigneur de l’obscurité. Sois bienvenu sur la terre des vivants. Je te loue, je te bénis, je t’adore, je te glorifie, je rends grâce à ta puissance, Seigneur Lucifer, Empereur Tout-puissant. Récita-t-il, en se frappant rageusement le torse de son poing armé.

La drogue absorbée excitait parfaitement la folie qui l’envahissait spontanément. Helmoss’était transformé en quelques minutes en bête furieuse. Ses yeux globuleux se révulsaient tandis qu’un cri de loup dantesque s’échappait de sa gorge enfiévrée. Couché sur le flanc, ses bras et ses jambes s’agitaient convulsivement, comme si ses membres tentaient vainement d’expulser de son corps un trop plein de désespoir et de rage.

La sueur ruisselait sur sa peau.

La lumière fauve, dirigée vers son buste dépoitraillé, mettait en relief la beauté de cet éphèbe prêt à immoler sa chair couverte, çà et là, de brûlures profondes.

L’arme acérée sautait d’une main à l’autre à la cadence frénétique des « Bénédictions de Lucifer !  Bénédictions de Lucifer !..» destinées à stimuler son geste audacieux.

Après avoir rejeté avec agressivité l’air qu’il venait d’inspirer profondément, Helmosplanta le scalpel, creusant d’un coup rageur une première entaille, esquisse du pentaclequ’il avait décidé de graver au plus profond de lui-même. De cette brèche béante, ouverte à côté du sein, juste au-dessus du cœur, s’échappa immédiatement un filet de sang qui se faufila dans le piège de ses poils.

Helmosfut surpris par son geste enragé….

 

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Pédophilie causée par un religieux :

… Le corps chaud du diacre, allongé sur le sien, l’étouffait légèrement mais il était prêt à l’excuser car il savait que cet homme se démenait pour le protéger et le consoler. Les gouttes de sueur du religieux qui s’amassaient à la salière de son cou ne le gênaient pas. Son souffle saccadé et méphitique l’importunait davantage.

Le travail de protection du futur prêtre devenait certainement pénible, car Helmos ressentait de plus en plus les difficultés que cet homme éprouvait pour repousser les assauts des ondes orageuses dépêchées par Satan. En effet, il s’agitait davantage et ne réussissait à interdire le passage du diable entre leur deux corps, qu’en donnant des coups de rein rageurs, accompagnés de grognements surprenants.

Même si quelquefois cette lutte l’incommodait, Helmos était bien obligé d’apprécier les efforts éprouvants du Diacre qui s’ingéniait à se sacrifier avec autant de générosité. Cette ivresse aurait pu durer encore quelque temps si Helmos n’avait pas été intrigué par l’érection tout aussi incongrue que subite qui frappa tout à coup l’ecclésiastique.

- Que vous arrive-t-il mon Père ? 

Excédé, il répondait en haletant :

- Ne t’inquiète pas mon fils, se sont les forces du démon qui tentent de m’écarter de ma mission de protection en m’agressant au plus profond de ma chair. 

Malgré son jeune âge, Helmos comprenait que l’éréthisme du diacre n’était pas normal. Il tentait pourtant de se persuader qu’il s’agissait encore d’un acte du diable, mais son jugement n’empêchait pas à sa méfiance de s’installer. Elle estompait peu à peu la quiétude qui l’inondait depuis que le diacre l’avait rejoint.

La foudre se fracassait toujours sur le sol détrempé, illuminant la campagne abasourdie par le vacarme impressionnant du tonnerre. Les zébrures d’or déchiraient inlassablement l’horizon blessé comme si elles hésitaient sur le chemin à emprunter, avant de plonger subitement vers la terre meurtrie par les impacts de feu répétés et ravageurs.

Helmos redécouvrait la peur, ce sentiment de malaise qui l’avait toujours paralysé immanquablement pendant les moments difficiles. Il était pétrifié de-nouveau et subissait tout : l’orage et le diacre. En effet, celui-ci n’abdiquait pas. Il cherchait maintenant à frayer un chemin à son dard turgescent en s’aidant des hanches par des mouvements rotatifs perforateurs.

Helmos, confronté maintenant à plusieurs dangers, avait compris qu’il était urgent d’évaluer la priorité des menaces.

D’un coup de genou, il était parvenu à se libérer de la masse pesante et ruisselante qui l’oppressait. Il n’avait même pas pris le temps de se chausser avant de s’autoriser à braver, dans la nuit, la nature en feu. Dehors, tel un « djinn » qui dansait parmi les flammes de l’enfer, il courait çà et là sur le chemin boueux, aspirant derrière lui les éclairs voraces et insatiables…

 

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L’amour maternel :

… Un matin, elle avait décidé de passer le pas. Elle lui avait avoué doucement, avec courage et sans tristesse. Elle avait eu mal au cœur lorsqu’elle avait constaté qu’il ne répondait pas et qu’il la fixait avec ses yeux glacials. Son attitude la terrorisait, mais elle avait décidé de résister à sa provocation et de ne pas quitter son regard. Ils étaient restés longtemps, ainsi sans bouger, face à face. Elle n’avait pas baissé les yeux, certaine de ne pas être totalement fautive. Elle voulait qu’il sache qu’elle était en train de payer très cher, elle aussi, cet accident terrible.

Alors qu’elle se débattait dans des pensées effrayantes, elle vit ses yeux s’embuer petit à petit et des larmes couler sur ses joues.

Elle était sidérée.

Persuadée que les émotions d’Helmos avaient été définitivement asséchées par le mal, elle s’apercevait, au contraire, qu’il avait caché volontairement ses sentiments. Elle l’avait serré contre elle et ils avaient pleuré ensembles. Ils s’étaient enlacés avec une fougue tellement désespérée que leur étreinte avait réveillé le crabe qui grossissait dans ses entrailles. Mais cette douleur intense qui la rongeait encore ne pourrait plus dorénavant effacer le bonheur qu’elle avait cru ne jamais retrouver. Elle bénissait presque le cancer qui avait permis à son fils de lui ouvrir son cœur et de l’aimer à-nouveau.

Il n’avait rien dit mais le silence et le souffle saccadé de son fils en disait long. Elle n’osait plus le lâcher afin de ne pas interrompre cette félicité qu’elle croyait perdu à jamais. Ses sanglots ont redoublé quand Helmos l’a doucement repoussé en esquissant un sourire embarrassé. Même si ce rictus sortait d’une bouche brûlée et difforme, il paraissait magnifique. Elle ne pouvait s’empêcher de caresser son visage ravagé par des cicatrices ingrates, comme elle le faisait jadis quand il était enfant.

Il n’avait pas repoussé sa main.

Elle redécouvrait enfin son gamin, son sang, sa chair. Encore hésitante, elle avait déposé, d’abord doucement, ses lèvres sur ses joues mouillées de larmes chaudes et salées. Puis avec davantage d’audace, elle les avait promenées sur tout son visage, le couvrant d’une multitude de baisers inespérés. Elle ne sentait plus les boursouflures disgracieuses, elle ne découvrait que la peau délicate et fragile de son garçon qui l’aimait toujours…

 

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Appel à la clémence de Dieu :

-Bonjour Helmos, cela me fait énormément plaisir de te revoir ! Dit-il, malgré son embarras.

- Moi aussi, mon Père.

- Entrons, j’ai hâte de t’entendre. Répondit-il, en le prenantpar l’épaule pour l’encourager à pénétrer dans la sacristie.

A première vue, la bâtisse paraissait plus accueillante que celle de Coustaussa. En un éclair, il avait revécu les instants agréables qu’il avait connus lorsqu’il était enfant de choeur.

Tout son corps palpitait très fort.

- Je t’écoute Helmos.

- Mon Père, j’ai eu un accident terrible qui m’a totalement défiguré. Répondait-il, en ôtant le chapeau et l’écharpe.

Le prêtre ébaucha alors un mouvement de stupeur incontrôlable. Le visage difforme de l’ancien enfant de choeur l’avait effrayé. Totalement paralysé par l’horreur, il ne parvenait plus à parler. Il tira alors une chaise vers lui et s’y affala sans retenue.

- Grand Dieu ! Que t’est-il arrivé ?

Helmos résuma brièvement son histoire malheureuse. Des sanglots étouffaient encore sa voix. Le Prêtre abattu se leva pour prendre Helmos dans ses bras. Il le serra longuement, cherchant maladroitement à le consoler.

- Helmos, demande-moi ce que tu veux. Je vais essayer de t’apporter le maximum de réponses et de réconfort. Murmura-t-il, assommé par cette terrifiante nouvelle.

- Voilà, mon Père, j’ai effectivement besoin de votre soutien, mais ce que je désire surtout, c’est bénéficier de vos conseils car je suis aujourd’hui totalement désemparé. Je ne comprends pas pourquoi j’ai été éprouvé au plus profond de mon être, alors que je suis persuadé de n’avoir jamais été un individu particulièrementmisérable.

- J’en suis convaincu. C’est pour ça que je peux t’affirmer d’entrée que tu n’as pas été puni par Dieu. Il ne faut pas croire que la souffrance ou le malheur que nous éprouvons sont des punitions de Dieu. En nous détournant de lui, nous nous sanctionnons nous mêmes.

- Mais j’ai tout fait pour le respecter ! Alors pourquoi le malheur s’acharne-t-il uniquement sur moi ?

- Car la souffrance autorisée par Dieu permettra de te ramener encore plus vers lui… Satan est certainement à la source du drame qui te tourmente. Dieu le laisse agir pour pouvoir mieux te reprendre et te purifier ensuite. Après t’avoir éprouvé dans la fournaise de l’adversité, il a attendu pour connaître tes réactions.

Maintenant, qu’il sait que tu réagiras positivement, il t’apportera son aide ! Dieu n’abandonne jamais les siens !

Helmos écoutait sans rien dire et baissait la tête. Il réfléchissait longuement. Il essayait, en effet, d’interpréter au mieux ce que le prêtre lui disait. Les arguments du prêtre ne le convainquaient pourtant pas.

- Mon Père, je suis resté constamment auprès de Dieu. J’aitoujours eu plaisir à m’adresser à lui dans mes prières, je n’avais pas besoin de cette épreuve horrible pour l’aimer davantage et le suivre.

- Ne le juge pas ! Il agit ainsi parce qu’il t’aime ! Il t’ouvre la voie qui mène vers lui. Dieu a dit : « Ceux que j’aime, je les châtie aussi afin que leurs péchés leur soient pardonnés, car avec le châtiment, je prépare la voie pour qu’ils soient délivrés. Mon peuple doit être mis à l’épreuve en tout, pour qu’il soit préparé à recevoir la gloire que j’ai pour lui. Celui qui ne supporte pas le châtiment n’est pas digne de mon royaume ! »

- Mais alors que faut-il que je fasse de plus ? Que désire le Seigneur ?

- Il a dit : « Si quelqu’un veut venir auprès de moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive ». Il faut que tu médites cette parole qu’il avait adressée à son prophète. Sache, mon fils, que toutes ces choses te donneront de l’expérience et qu’elles te grandiront. Le fils de l’Homme est descendu plus bas que tout cela. Aurais-tu l’impertinence de chercher à être plus grand que lui ?...

 

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Trahi par Dieu, il décida d’offrir son âme à Satan :

… Il se dirigeait alors vers le Christ qu’il avait placé sur la commode, entre deux photos de sa mère. Il le regardait en plaquant le menton contre sa poitrine, comme s’il le défiait.

- Eli, Eli, Iama sabachthani ? Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Gémissait-il, en reprenant la phrase que le Christ avait échappée avant de mourir sur la croix. Je n’appartiens donc pas à ce peuple avec lequel tu as voulu faire Alliance? Pourquoi ta justice divine ne récompense-t-elle pas ma dévotion exemplaire ? Pourquoi ce silence opiniâtre ?

Il attendait un instant, espérant recevoir encore un message du Tout Puissant. Le silence qui persistait semblait déchirer ses oreilles. Ayant enfin compris que Dieu ne se manifesterait plus, il laissa éclater sa colère.

- Puisque qu’aucun signe ne m’est parvenu, prouvant ta générosité et ta toute Puissance et puisque je constate que je ne fais donc pas partie de ton peuple, aujourd’hui je prends la décision solennelle de te renier et de livrer dès lors mon corps et mon esprit à Satan ! 

Excité par ses propres paroles, Helmos saisit la croix et la cassa en deux sur son genou. Les morceaux brisés, emprisonnés dans chaque main, étaient exhibés vers le ciel.

Bravant la puissance de Dieu, il appelait le malin…

 

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Pris en main par le gourou d’une secte :

Helmosaurait bien aimé le laisser parler, mais son exposé interminable devenait insupportable. Il ne voulait plus qu’une chose, qu’il en vienne aux faits. Il décida alors de l’interrompre à-nouveau.

- Grand Prêtre, je connais très bien la Bible. J’aimerais plutôt savoir quel est le point commun entre ces écrits et moi !

- Nous attendons notre nouvel apôtre et tu es celui-ci ! 

- Quoi ? Mais sur quel critère vous appuyez-vous pour asseoir une hypothèse aussi aberrante ?

- Balan m’a dit que tu pouvais devenir plus féroce qu’une bête, que tu possédais des dons incroyables et que tu avais vendu ton âme à Satan. 

- C’est vrai ! Mais cela n’établit pas que je puisse être le prophète de l’Antéchrist ! 

- Helmos, t’es-tu jamais amusé à additionner les chiffres correspondant aux lettres de ton prénom comme je viens de le faire pourHitler ? 

- Non ! 

- Eh bien, fais-le ! 

Helmos, qui n’était pas très doué en calcul mental, prit le papier que lui tendait Eurynome et il écrit : H : 107, E : 104, L : 111, M : 112, O : 114, S : 118. L’addition donnait effectivement le chiffre 666.

- Le total est 666, mais cela ne veut rien dire car ma mère aurait pu m’attribuer n’importe quel autre prénom ! 

- Pourquoi pas ! Alors amuse-toi maintenant de faire le même travail avec ton nom BARKUS.Tu as hérité de ce nom et personne ne pouvait le choisir, même pas ta mère !

Helmosimaginait déjà le résultat. Le total donnait en effet 666 ! Il pâlit. L’émotion étrangla sa gorge, bloquant les mots qu’il tentait désespérément d’évacuer.

- Grand Prêtre… Je n’en reviens pas… cela fait également 666 

- Lorsque je vais te communiquer la suite, tu seras obligé de te résoudre à accepter ma prophétie ! 

Helmos était pourtant persuadé qu’il ne pouvait pas entendre maintenant des propos plus hallucinants que ceux qu’il venait de percevoir. Ses mains moites fourmillaient de plus en plus. Il ferma les yeux et écouta.

- Dans l’Apocalypse il est écrit : « Les impies sont marqués du sceau de la bête, c’est-à-dire l’esprit de L’Antéchrist ». Cette marque était le signe de l’appartenance à un maître. La marque est apposée sur le front ou sur la main droite. Personne ne pouvait acheter ou vendre sans porter sur lui la marque de la bête. Le signe, imprimé sur la peau de tous les disciples de l’Antéchrist, est indélébile !  Ce signe tu l’as ! 

Helmoss’était levé subitement et arpenta la pièce de long en large. La tête cachée entre ses deux mains, il s’exclama fébrilement.

- Et quel est ce signe indélébile ? 

- Ce signe apparaît sur ton front ! Un nævusgros comme une pièce de deux euros a été dessiné à ta naissance sur ta tête par Satan ! 

- Et alors ?  Tous ceux qui possèdent malheureusement une tache sur leur visage ne sont pas des envoyés de Lucifer !

- Effectivement ! Mais toi, tu te différencies d’eux. Je m’explique. A la suite de ton terrible accident, de profondes brûlures ont ravagé le côté droit de ton visage. Tout a été brûlé, la peau, les poils, la barbe, les cils, les sourcils, les cheveux. Il ne reste à cet endroit que des chairs labourées par la chaleur incandescente. Ton front est recouvert de cicatrices atroces et vilaines. Tu ne t’es jamais posé la question suivante ? Comment se fait-il que tout un côté de la tête puisse être labouré par des blessures horribles, occasionnées par les dégâts d’un feu implacable et que ton nævus ait été épargné miraculeusement ?N’est-ce pas là un signe puissant et démoniaque, un des stigmata diaboliimposés par l’Antéchristqui a voulu te marquer comme le diable, toi gentil chérubin, en te blessant à vie au plus profond de tes chairs, mais en épargnant son signe de reconnaissance ? …

 

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Une profanation de cimetière :

… Elle frappa comme une folle sur le cercueil en chêne qui ne demandait qu’à s’ouvrir. Le couvercle éclaté laissait apparaître un corps en putréfaction.

- Ah, quelle odeur ! Encore un cadavre bien frais ! C’est une femme, peut-être la mère du bébé… Elle est certainement morte en le mettant au monde ! 

- Tu te sens capable de couper la tête ou préfères-tu que je descende pour le faire ? Demanda Helmos.

- Je ne pourrai pas y arriver car le cadavre n’est pas encore assez pourri. Viens m’aider ! 

- D’ac, j’arrive ! Laisse-moi le temps d’attacher la corde à une croix ! 

Derrière lui, un caveau, entouré d’une rambarde en fer forgé, faisait l’affaire. Il attacha la corde à un détail rosacé, placé en bas de la grille. Il testa la solidité, en tirant dessus, puis s’engagea dans la fosse.

- Tu as raison, c’est infect ! Quelle odeur pestilentielle ! Bon, voyons un peu le cou de madame.

Agenouillé à califourchon sur la dépouille, il se concentra quelques secondes puis leva l’arme vers le ciel, en invoquant les ténèbres.

- J’en appelle aux messagers du trépas afin qu’ils m’assistent. Je vais déchirer avec délice le corps maudit de cette femelle que j’ai choisie, pour plaire à Satan ! 

D’un geste rageur, le couteau se planta dans la gorge de la défunte et cisailla, dans un va et vient rageur, la chair déjà putréfiée. La lame s’insinua entre deux vertèbres et sectionna les derniers muscles qui résistaient. Il saisit alors la tête par les cheveux et l’exhiba vers le ciel en hurlant.

- Ô Satan, je t’offre cette tête impure et plonge-la dans la noirceur des ténèbres ! Zodoreje, lape zodiredo Noco Mada, hoathahe Saitan ! Dit-il, en ajoutant un texte énochien, pour donner plus d’originalité à sa confession.

Lilithexcitée par la furie soudaine d’Helmos, prit à son tour un crucifix qui gisait sur le sol du caveau et le planta dans le cœur de la femme décapitée.

- J’enfonce le pieu de l’enfer au plus profond de son corps et empale ses restes pourris pour que soit accomplie ma mission ! Gloire à Satan ! Cria-t-elle, en serrant ses deux poings alors qu’Helmosescaladait la paroi pour sortir, la tête attachée par la crinière à sa ceinture maculée de lambeaux de chair putrides…