Extrait du livre 2

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Lavage de cerveau :

… L’avènement de l’Antéchristest indéniable ! Nos ennemis l’annoncent tous les jours, la Biblele signale plusieurs fois dans ses textes, je le sais car Satanme l’a confirmé dernièrement ! Ecoutez le Diable ! Il a décidé d’installer l’Antéchrist à la place de Dieu ! Il le remplacera. Il séduira le monde en faisant des miracles. Il ne sera pas un substitut de Dieumais son plus grand adversaire, celui que le monde redoute. Il gouvernera la planète en assouvissant Israëlpar un traité d’alliance. Il exigera d’être adoré dans le Temple de Jérusalemoù il s’autoproclamera Dieu. Il sera suivi par des millions de fidèles qui abandonneront Jéhovah, le faux Dieu, pour suivre enfin le vrai dominateur, le Tout Puissant, notre Dieu, le Vrai, l’unique. Gloire à Satan !...

 

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Manipulation sectaire :

 

… La reconstruction : C’est la dernière phase, celle que tu dois attaquer très vite parce que le « Plan » nous l’impose. Puisque tu es leur sauveur, ils te suivront partout aveuglément, sans hésiter. Tu es la main de Dieu et il n’y a que toi qui pourras inviter les « meilleurs » à partir avec leur Messie vers un nouveau monde magnifique, illuminé par la grâce du vrai Dieu.

- Je vais m’attacher à faire tout ça parfaitement et tu vas être surpris !

- C’est bien ! Mais sers-toi, nom d’un chien, de tous les outils que nous disposons ! Matraquage de crâne, rituels, prières, méditations seront utilisées journellement. Si tu répètes inlassablement la même chose, si tu cherches à les effrayer constamment, ils te suivront ensuite comme des toutous. L’Apocalypse approche à grands pas et ils seront tous détruits par une catastrophe plus terrifiante encore que le déluge mais TOI, toi le Messie, l’envoyé de Dieu, tu seras là, auprès d’eux, pour les protéger et les sauver !

- J’ai bien compris. J’ai déjà peaufiné un scénario dantesque qui va les séduire. Ils vont venir en rampant picorer dans ma main le blé empoisonné que je leur réserve. Sois confiant, le résultat vat’étonner.

- Pour provoquer ce réflexe de Pavlov au sein de notre populace, rabaissée enfin à l’échelon bestial, tu t’aideras des éléments appropriés : la peur, la menace, le doute permanent, les châtiments et l’exclusion temporaire. Tu multiplieras les instructions, les prières et les supplications mais en t’efforçant obstinément à restreindre leur sommeil et leur alimentation. Oblige-les à jeûner pour purifier leur organisme répugnant et soigne-les ensuite avec notre élixir de jouvence.

- Tu es un génie ! Si tu avais vécu pendant la seconde guerre mondiale, le « der true Heinrich Himmler » t’aurait enrôlé dans la Reichsführer-SS.

- Ce sont des éloges qui me vont droit au coeur. Compliment pour compliment, n’oublie jamais que tu incarnes la vérité cosmique de notre Père. Le prophète Jean a dit : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. » Toi aussi, tu détiens la parole, tu es le Verbe du Black Sabbat

 

 

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Sacrifice humain :

… L’incantation subjugua Helmos. Elle attisait la violence engrangée dans ses tripes, mais ne parvenait, pourtant pas, à effacer l’engourdissement inexpliqué qui envahissait sa carcasse survoltée.

Il taillada de-nouveau les bras juvéniles, arrachant à la gorge du gamin un vagissement inhumain. Encouragé par ses éclats de voix cauchemardesques, il approcha encore le rasoir du corps vigoureux qui échappait à la poigne de Lamastu. Il se contorsionnait pour se dérober à la démence d’Helmos. Il mordait et donnait des coups de pied rageurs. Dans l’agitation, Helmos le blessa aux mains et au visage, frappant au hasard l’enfant qui se débattait pour parer les impacts rageurs de la lame acérée.

Helmos, essuya d’un revers de main, le sang qui avait giclé sur son faciès ravagé. Il jeta le scalpel impuissant et saisit son athamé. Imitant le matador qui saluait la foule avant de porter l’estocade mortelle, il leva péniblement vers le ciel son arme meurtrière.

- Vois Satan, je suis devenu comme toi, le monstre destructeur qui règne sur la plaine infestée de serpents. Je crie ma colère pour que tu m’entendes, Ô gardien de l’obscurité. Arrive parmi nous ! Assiste à mon holocauste ! Ouvre-nous les portes de l’enfer ! Je vais trancher la gorge à ce braillard ! Que des océans de sang se répandent de sa bouche ! Qu’il vomisse les pélamydes de l’enfer ! Odocicale Qaa ! Zodoreje, lape zodiredo Noco Mada, hoathahe Saitan… 

Sa voix venimeuse perdit néanmoins de sa superbe. Elle était moins impériale. Certains mots s’arrachaient péniblement de sa mâchoire paralysée. Les sons, qu’il tentait de cracher, restaient bloqués dans ses entrailles, évacuant seulement des relents muets.

Faisant appel à ses dernières forces, il posa péniblement sa main gauche sur la tête du petit, cherchant à la bloquer sous le poids nauséeux de sa carcasse engourdie. L’enfant agita ses bras, que Lamastuavait encore échappés. Les moulinets désespérés se perdirent dans l’espace indifférent.

L’estoc, retenue par une force invisible, s’éleva difficilement vers le ciel orageux et s’abattit sur le poitrail de l’enfant pétrifié.

La lame criminelle ripa sur le sternum et ne put pénétrer entre les côtes torturées.

De la plaie, le sang ne coulait pas !

- OHHHH ! S’écrièrent les disciples médusés.

Helmosavait lâché sa proie. Il recula de deux pas et la regarda, effaré. Il entendait Balan qui hurlait derrière lui et qui lui demandait de continuer. Il ne comprenait pas, il vacillait, se tenait la tête qui tambourinait et se décida à revenir vers l’autel, bousculant violemment Lamastuqui le gênait. Les images déformées de la salle tournaient de plus en plus vite autour de lui. Il se cramponna à la table des sacrifices pour ne pas chavirer. Les bras de Balan, qui était accouru, le maintenaient debout.

- Surtout ne faiblit pas ! Tiens le coup, je suis là et je vais t’aider ! 

Il passa derrière le bambin, cloué sur la planche de l’immolation, posa violemment sa main sur son front pour plaquer la tête contre son ventre, essaya d’agripper la main d’Helmosqui pendait dans le vide. Il lui arracha le rasoir et sectionna, de gauche à droite, la gorge de l’enfant en poussant un hurlement de bête monstrueuse.

Un gargouillis, provoqué par l’air qui s’échappait des poumons, fit mousser le sang qui déferlait de la carotide, affreusement tailladée. Pendant quelques secondes, le sang, l’air et les vomissures constituaient une étrange mayonnaise qui s’étalait sur la table sacrée. La pression sanguine qui chutait rapidement, ne parvenait plus à irriguer le cerveau du bambin. Il perdit connaissance, le corps secoué par des mouvements convulsifs, réflexes du cerveau et de la moelle épinière qui réagissaient anarchiquement au manque d’oxygène. Son cœur continuait toutefois à battre encore pendant une minute ou deux. Le corps se recroquevilla puis se détendit d’un coup.

L’enfant était mort !...

 

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Rapt d’enfant :

Balanentendit alors le klaxon interminable de la voiture, destiné certainement à effaroucher les ravisseurs. La mère avait vraisemblablement aperçu les hommes qui avaient pris son fils et qui avaient disparu en courant, à l’angle de la rue. Elle traversa la placette, s’engagea dans une ruelle très étroite, arrachant au passage ses deux rétroviseurs. Elle vira à gauche trop rapidement, obligeant l’arrière de son véhicule à déraper violemment. La puissante berline tapa dans les poubelles à roulettes qui rebondirent contre les voitures garées à proximité. Balanremarqua que la voiture de protection, qui n’avait pas eu le temps de s’intercaler entre le fourgon et la BMW, slalomait au milieu des décombres qui obstruaient la chaussée.

La jeune femme s’approchait à une vitesse folle de ses hommes qui s’aventuraient déjà dans le chemin serpentant vers Terroles,en direction de la départementale 70. A cette vitesse, elle les rejoindrait avant le Roc blanc. Balan prit peur car la fille conduisait très bien et maîtrisait parfaitement son véhicule. La voiture de protection venait d’établir à son tour la jonction. Les trois véhicules se suivaient dans les lacets sinueux du petit col entre la Pique et le Bec des Moulis. Par moments, les images disparaissaient derrière les arbres touffus qui longeaient la route. A la sortie d’un petit bois, il remarqua avec stupeur que la BMW cherchait à doubler pour certainement se rabattre ensuite afin d’obliger la camionnette à s’arrêter.

- Ne vous laissez pas dépasser car elle va vous bloquer !…

Il n’avait pas fini sa phrase, que la BMW parvenait à placer son museau entre la camionnette et le fossé, roulant dangereusement sur le bas côté de la route. Elle était déjà parvenue à hauteur de la vitre gauche de la fourgonnette.

- Donnez un coup de volant à gauche sèchement pour la faire voler dans le ravin !  C’est un ordre ! Hurla-t-il dans le poste.

Les deux véhicules roulant côte à côte, commençaient une danse périlleuse. Tôle contre tôle, ils partaient en dérapages, épousant comme des siamois les virages dangereux qui longeaient las Rocos Nautos, contrefort du col de l’Espinas.

Profitant d’un virage à droite, recouvert de feuilles de chênes, Arimane donna un grand coup de volant, comme s’il voulait se jeter subitement dans le précipice. Il catapulta alors la BMW qui ripait sur les feuilles puis sur l’herbe grasse longeant la chaussée. Elle entra à vive allure dans le fossé et en ressortit, projetée violemment dans les airs comme si elle avait utilisé un tremplin. Après un looping spectaculaire, elle plongea vers le ruisseau de la Frau, sectionnant au passage les rares arbustes qui couvraient ce secteur sauvage du Pech de Gaouche. Elle rebondit deux fois sur les rochers qui surplombaient le gave et explosa en bas, au pied de la fontaine de Tournié. Une fumée noire s’échappa immédiatement de l’amas de ferraille, suivie d’une violente explosion, projetant des tôles enflammées sur les arbres qui s’embrasaient instantanément…

 

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Conspiration :

… Elle revit actuellement dans les entrailles des Illuminatidont nous sommes un des doigts de sa main armée. N’oublions jamais que nous sommes tous, à tous les niveaux de notre organisation, les maillons indispensables de la « Conspiration » par laquelle Satanespère établir son royaume sur terre. Nous sommes la relève des « Illuminés de Bavière », fondés par le théologien Adam Weishaupt,Nous œuvrons aujourd’hui pour l’Invisible World Gouvernment afin de propager la Conspiration Lucifériennequi nous permettra de renverser tous les gouvernements existants ainsi que la religion de Dieu. Notre but est l’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial, véritable dictature luciférienne, où seule une élite économique et scientifique, triée sur le volet, pourra y siéger. Nous devons aujourd’hui être d’autant plus prudents que la première étape de notre plan est à ce jour déjà parfaitement entamée. En-effet, nous sommes parvenus, avec l’appui des puissances financières qui nous sont acquises, à créer une crise économique, politique et sociale, capable de provoquer le chaos nécessaire à l’établissement de notre dictature planétaire. Cette crise financière, qui touche tous les grands continents, est en train de provoquer un malaise économique, encore plus grave que celui de 1929. Ce marasme financier a provoqué une hausse des taux d’intérêt, laquelle entraîne une cascade de faillites et de ménages surendettés. Une flambée des prix des produits de consommation de première importance, ajoutée à un taux de chômage dramatique, est en train de pousser les populations européennes et américaines à l’exaspération et à la révolte. Nous nous attachons à véhiculer les images les plus dures de ce conflit international, en les faisant diffuser par le cartel de la presse que nous avons noyauté. Lorsque cette phase du plan sera mondialement atteinte, nous passerons à la phase suivante, qui consistera à créer une crise alimentaire. Les besoins essentiels à la régénérescence biologique de l’espèce humaine seront alors mis sérieusement à l’épreuve. A ce niveau, lorsque l’homme se trouvera obligé d’assurer sa survie, la colère, la haine et la révolte se transformeront en guerre civile. Nous aggraverons ce soulèvement général, en l’attisant par des actions tenues à ce jour secrètes et pour lesquelles notre groupe aura prochainement un rôle déterminant. Cette crise déstabilisera tous les gouvernements qui n’ont pas été encore infiltrés par nos frères et provoquera une banqueroute politique jamais vue. Le monopole de certaines banques et de certaines sociétés pharmaceutiques aidera les gouvernements noyautés à mettre sur pied l’établissement d’une dictature mondiale, à la tête de laquelle nous placerons notre Antéchrist. Vous n’avez pas le droit, par votre action qui manque aujourd’hui clairement de fanatisme, de ralentir la panique qui se met en place lentement mais sûrement sur notre planète. Vous devez, au péril de votre vie, participer activement à ce moment grandiose de l’histoire annoncé dans la Bibledes Chrétiens. Chacun de nous doit avoir à l’esprit l’image parfaite de nos frères les Ismaïlitesqui, au dixième siècle, sous le commandement de Hassan Ibn El-Sabbah, sont parvenus sous l’empire du haschisch, à semer la terreur, de la mer Gaspienne jusqu’au Maghreb. Cette secte des Haschischins a formé un corps « d’Assassins » fanatisés : les Feddayins, « ceux qui se sacrifient », capables de mourir en martyrs. Je VEUX, qu’à partir de ce jour, vous conditionnez tous nos frères comme le faisait El-Sabbah, en affaiblissant leurs facultés mentales et en annihilant toutes velléités de résistance et en leur faisant consommer, s’il le faut, une quantité importante de cannabis et d’antidépresseurs. Je VEUX qu’ils perdent rapidement leur esprit critique, leur capacité à raisonner, leur système de valeur. Vous n’utilisez pas assez l’hypnose, les restrictions du sommeil, les punitions humiliantes, la culpabilité, les menaces, le culte du secret, le respect absolu de la hiérarchie…

 

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Messe noire :

… Contrairement au calme apparent qui semblait l’avoir gagné, Helmosétait parvenu à entretenir « l’ensauvagement » nécessaire pour maintenir l’union avec l’Astral. Son vol magique, au-delà de son enveloppe humaine avait déjà commencé. Il avait visualisé le tunnel mystérieux et s’était engouffré pour retrouver son « animal depouvoir ». Il ressentait le Quanmaneq, cette lumière qui irisait son cerveau et qui lui permettait de voir dans les ténèbres. Des gerbes d’étincelles éclataient encore entre lui et son double qui s’enfuyait dans cette aspiration hélicoïdale. Il était emporté dans une tempête, arraché de son corps vers le nombril céleste comme le propulseur d’Arianequi plaçait son satellite sur orbite. Il s’accrochait à son aigle royal. Il planait et pourtant il voyageait rapidement. Il voyait le château de Blanchefortqui s’éloignait. Il survolait le bois de Lauzet, la forêt de SaintJustet se dirigeait vers le Pech de Bugarach. Avalé dans le vortex de la « montagne inversée », il montait vers les cieux tourmentés pour rejoindre Lucifer, l’ange de la lumière.

Helmoss’effondrait, secoué encore par deux ou trois convulsions myocloniques. Il était dans un état cataleptique, immobile et fasciné, les yeux ouverts. Il était en pleine extase. Une voix rauque, caverneuse, synthétique s’échappait pourtant de sa bouche obstruée par des lèvres anesthésiées. Des propos ventrilotesques se faisaient entendre, plus précis.

- Satan, je suis là, près de toi… Accepte l’invitation de ceux qui sont capables de mourir pour toi… Viens parmi nous, partager l’offrande de ce jeune cadavre impubère… Fais-nous l’honneur de venir nous saluer…Si tu acceptes mon invitation, tu apporteras la preuve que tu cautionnes mon intronisation en tant que Prophète… 

Helmosn’avait pas le temps de finir sa phrase. Soudain ses traits se convulsèrent et son corps fut secoué de spasmes hystériques. Ses membres se raidirent alors que sa tête obligeait le cou à des torsions inimaginables. Ses propos devinrent inintelligibles et parfois blasphématoires et orduriers. Cette période épileptique annonçait habituellement la fin de la transe qu’il avait commandée.

Lilithdécidait donc de vite agir et de profiter encore du spectacle.

- Vite ! Envoyez la brume et le parfum d’encens et préparez-vous à faire apparaître le film en trois dimensions ! Ordonna-t-elle à ses spécialistes.

La salle disparaissait dans la pénombre. On entendait au loin le hululement d’une chouette. Des éclairs zébraient le ciel tandis qu’un brouillard épais se répandait sur la moquette rouge. Une musique douce et aérienne, dans laquelle des cris d’animaux de la forêt se faisaient entendre, accompagnait ce nouveau tableau fantasmagorique.

Helmosavait récupéré. Il était agenouillé et attendait, incrédule. Le craquement sinistre du ciel qui s’écroulait le fit sursauter. L’écho de cette détonation inquiétante se mélangeait avec un son apocalyptique surgissant des flammes célestes. D’un coup, le ciel semblait s’ouvrir et une bête ignoble apparut.Cette « chose » était dotée d’une tête humaine allongée et difforme, avec des yeux noirs, un plus gros que l’autre, le front creusé par des rides énormes. Elle était juchée sur un corps d’où partaient deux petites jambes maigres et poilues. Le reste du corps traînait au sol en se tortillant comme un gros crocodile velu. De son nez écrasé sortait une fumée pestilentielle alors que les oreilles pointues, cachées derrière des cheveux hirsutes, bougeaient les unes après les autres. Une bave verdâtre s’écoulait d’une bouche épaisse, maintenue ouverte par des dents trop grandes.

Satanavançait encore un peu et s’arrêtait. Un sifflement sortait de ses bronches et quelques flammes s’échappaient par moments.

- Helmoooooosssss ! Helmoooooosssss ! Je suis ici à ta demande ! Ricana une voix horrible, sortie d’outre tombe.

Helmosétait pétrifié. Il n’aurait jamais pensé arriver à faire surgir le Diabledu tréfonds des abysses. Il se savait capable d’hypnose, de télékinésie, de téléportation, de possession, de transe, d’hystérie mais il n’était jamais parvenu jusqu’à ce jour à provoquer des hallucinations aussi invraisemblables. Ebahi mais fasciné, il n’osait plus bouger, de peur de faire disparaître cette apparition incroyable. Il n’osait même pas parler.

- Helmoooooosssss… Sur ton dos repose la responsabilité de tout un peuple, le peuple de Lucifer…. Tu dois annoncer l’arrivée prochaine de l’Antéchrist, notre sauveur… Tu es le prophète du diable, tu es le Messie, le négatif du Christ… Je suis heureux de voir quels sont tes dons et ta puissance… Je m’en vais donc apaisé… Que notre peuple t’apporte la dévotion qui t’ai due !... 

Avant que Helmosne puisse répondre, Des éclairs ravageaient la salle, amenant un ouragan de feu, de bruit et de cris hystériques. La bête cabrait son dos bossu sur sa queue recouverte d’écailles huileuses, écartait ses deux petites pattes cagneuses, poussait un barrissement aigu et interminable et disparaissait dans un crépitement atroce de bois sec enflammé.

La centaine de convives, d’abord muette, se mettait à réagir à ce spectacle incroyable et infernal. Certains applaudissaient, d’autres hurlaient. Les femmes déchiraient les quelques vêtements qui restaient encore sur leurs corps. Des hommes étaient tombés à genou, hagards, les bras ballants. Il en étaient qui se frappaient comme pour se réveiller d’un cauchemar impensable ou pour se punir de ne pas mériter une pareille vision. Les femmes, les hommes, s’énervaient, pleuraient, riaient, chantaient, criaient. L’hystérie atteignit peu à peu tous les frères…

 

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Les snuff movies :

- Effectivement, j’ai remarqué deux caméras qui filmaient. J’espère que ce n’est pas pour réaliser des snuffs movies ! 

- Je ne sais pas ce que c’est ! Peux-tu m’expliquer ? 

- Les snuffs moviessont des films qui mettent en scène des rituels sataniques qui se terminent par un meurtre réel. Il est accompagné très souvent d’actes sexuels violents, de scarifications douloureuses, de scènes sado-masochistes vraies et de pédophilie. Les interprètes sont souvent des auto-stoppeurs enlevés, des enfants kidnappés, des personnes qui croient être engagés pour tourner un film porno bien rémunéré. Ils sont souvent drogués à leur insu et se retrouvent dans des situations extrêmes où ils subissent des tortures réelles avant de finir par leur assassinat en direct. Leur mort doit être filmée ainsi que l’acte qui la provoque. Le visage du mourant agonisant, doit bien apparaître à l’écran, au moment de la mort…

 

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Exorcisme :

Jasonavait compris qu’il avait à faire à un cas particulièrement difficile. Il prenait alors la décision d’ignorer au maximum l’attitude de cet enfant, commandée par la force de Satanet de focaliser uniquement ses forces sur l’accomplissement du rite de « l’exorcisme de Léon XIII », qui lui avait permis souvent de gagner la bataille contre la bête.

Pendant qu’elle se contorsionnait dangereusement, il ferma les yeux et récita immédiatement la prière à saint Michel archange.

- Très glorieux Prince des armées célestes, saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, contre les principautés et les puissances, contre les chefs des ténèbres, contre les esprits malicieux répandus dans les airs. Venez en aide aux hommes que Dieu a faits à son image et a rachetés au prix de la tyrannie du démon. Conjurez le Dieu de paix pour qu’il écrase Satan sous nos pieds et qu’il lui enlève le pouvoir de retenir encore les hommes captifs et de nuire à l’Eglise. Présentez au Très-haut nos prières, afin que, bien vite, le Seigneur nous fasse miséricorde. Saisissez, vous-même, l’antique serpent qui n’est autre que Satan, pour le précipiter, dans les abîmes, en sorte qu’il ne puisse plus jamais séduire les nations ! Récita-t-il calmement et avec ferveur.

Il fit un signe de croix sur le front de la petite Marie, essuyant au passage le sang qui coulait des plaies qu’elle venait de se faire sur le visage.

Son geste provoqua alors les foudres immédiates de Satan, spécialement blessé par cette conduite effrontée. La bouche de Maria échappa des jurons épouvantables. Elle cambra son corps en arrière. Sa tête tourna violemment de gauche à droite, à une vitesse telle, qu’elle donnait l’impression de se détacher de son cou. Les mains, déformées par les doigts furieusement recroquevillés, étaient placées devant son corps, prêtes à attaquer. Plantée sur ses talons, elle leva son ventre par à coups, mimant un accouplement démentiel et invisible. De temps à autre, elle écarta violemment les genoux, alors que le coassement sinistre d’un crapaud, tourmenté par le désir, s’échappait curieusement de sa gorge.

Jason, impassible, entamait maintenant, le psaume 67 de « Exorcismus in satanam ». Il était debout, le crucifix à la main droite, dirigé fermement vers le visage de la jeune femme.

- Que Dieu se lève et que ses ennemis soient dispersés ! Que devant lui, s’enfuient ceux qui le haïssent. Voici la Croix du seigneur, fuyez puissances ennemies…

 

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Passion :

- Regarde, mon petit chéri, tes plaies suintent encore ! Dit-elle, en le taquinant.

- Je savais que j’allais laisser ma vie, ici, sur cette dernière visite de la symbolique cathare ! 

- Donne-moi ton bras, je veux boire ton sang et le mélanger au mien pour l’éternité. 

Joignant le geste à la parole, elle déposait ses lèvres sur une écorchure, permettant à sa langue de laper plusieurs fois le nectar rubescent, avec autant de passion qu’une chienne le ferait avec ses chiots. Ses petits coups de langue étaient entrecoupés de baisers rapides. Voyant qu’il était paralysé par la soudaineté de son geste, Sylvia s’était allongée, le dos posé sur ses genoux. Elle avait pris sa main et l’avait placée sur un de ses seins, l’empêchant en même temps d’ôter ses doigts.

- Sens-tu mon cœur ? 

- Oui ! Haletait-il péniblement.

- Il bat pour toi ! Tu es mon énergie. Quoiqu’il arrive, il palpitera pour toi, jusqu’au dernier souffle de ma vie. 

- Je ne sais pas quoi répondre… 

- Ne dis rien et savourons cet ultime instant que Dieu veut bien nous offrir aujourd’hui. 

Elle avait enlevé délicatement son chemisier et s’était couché dessus.

- Fais pareil et viens à coté de moi… 

Comme un automate, Jason enlevait sa chemise que Sylvia avait déjà déboutonnée et s’allongeait auprès d’elle, les yeux fixés vers la profondeur de l’empyrée. Il n’osait pas bouger.

- Je t’aime Jason ! 

- Moi aussi, mais pas autant… 

- Chut ! Oublies tout ça et laisse-toi aller. 

Sylvia s’était retournée subitement. Elle avait posé son corps sur Jason, caressant avec ses seins le torse velu de celui qu’elle aimait. Devinant sa peau frissonner, elle avait osé poser ses lèvres sur les siennes. Son baiser volatil au début, devenait vite plus appuyé. Sa langue s’insinuait entre ses lèvres et allait chercher celle de Jason pour l’énerver. Lorsqu’elle entendait qu’il haletait, elle l’avait pris par la taille et avait roulé sur le côté, le positionnant sur elle, tout en continuant de l’embrasser pour ne pas lui laisser le temps de réfléchir. Il avait mis un peu de fougue pour lui rendre son baiser tandis que ses doigts s’étaient aventurés sur un sein. En un tour de main, elle s’était dévêtue et l’avait aidé à en faire de même. Elle l’avait accompagné pour qu’il la possédât. Ses hanches guidaient le balancement gauche de Jason, alors qu’une larme coulait le long de sa joue. Quand il s’était raidi, elle l’avait empêché de se retirer pour sentir encore un peu son corps mélangé au sien. Ses pleurs avaient redoublé, donnant un goût saumâtre aux baisers qu’elle lui donnait.

- Pourquoi pleures-tu ? 

- Parce que je suis heureuse ! Je suis heureuse, je suis heureeuuusssseeeee !!! Criait-elle, en riant…

 

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Trahison :

… Il parlait, il parlait, il parlait… Elle ne l’entendait plus. Son corps était anesthésié, sauf son cœur qui avait été impitoyablement agressé et qui battait de plus en plus fort pour résister à l’assaut de la violence des mots qui le percutaient sans pitié. Elle sentait qu’il était heureux et cette joie terrible plantait plus profondément encore dans son cœur déchiré l’impétuosité insane de ses propos. Tout s’effondrait autour d’elle et pourtant une sensation résistait un peu à ce cataclysme. Elle croyait encore ressentir la douceur des lèvres de Jason qui s’étaient posées sur les siennes en Espagne. Elle percevait la délicatesse de sa peau halitueuse frôler sa bouche affolée et le souffle chaud et haletant qui se mélangeait doucement au sien.

Pourtant Jason avait tué volontairement ces instants féeriques. Il avait assassiné son bonheur qui naissait comme un volcan qui venait d’exploser, bloquant curieusement la lave savoureuse qui s’en échappait. Il anéantissait tous les délices qu’elle entrevoyait et il égorgeait presque avec mépris ses sentiments qu’elle faisait pétiller spécialement pour lui. Elle aurait voulu mourir pour ne plus vivre ce cauchemar insoutenable et pourtant elle s’attardait à ses côtés, main dans la main, supportant paradoxalement un calvaire insoutenable. Elle avait envie de crier son désespoir, le traiter de salaud, mais pourtant elle subissait, soumise et détruite, la joie immense de Jason qui la torturait avec un sadisme irréfléchi.

Il s’enivrait de mots. Son plaisir, sa gaieté, sa foi le transcendaient. Il était heureux. Elle sentait cette montée euphorique qui l’envahissait à la pression qui s’accentuait au niveau de ses doigts. Elle ne pouvait plus accepter cette étreinte passionnée et cherchait à libérer sa main qui subissait un viol terrible. Sa poitrine était alors secouée de spasmes qu’elle ne pouvait plus retenir. Plus elle tentait de les freiner et plus ils rebondissaient avec une force décuplée. Vaincue, elle hurlait son malheur et sa colère. Elle lâcha subitement la main de Jason pour se cacher le visage, noyé par des larmes bouillonnantes qui jaillissaient de ses yeux meurtris. Elle criait comme une biche acculée contre les rochers par la meute de chiens enragés. Elle hurlait son désespoir, sa douleur, sa haine. Les jambes n’avaient plus la force de soutenir son corps si frêle. Elle s’affala doucement sur ses genoux en gémissant.

- Mon Dieu pourquoi me torturez-vous ! Que vous ai-je donc fait pour m’assassiner ainsi ? 

Jason, éberlué, la regardait sans réagir, étonné presque de cette réaction bizarre. Il ne bougeait plus et ne comprenait pas. Sylvia pleurait de plus belle et bredouillait des mots inintelligibles.

- Jason, je t’aime… Pourquoi m’as-tu fait ça… J’ai toujours été avec toi… J’étais ta complice… Pourquoi m’as-tu embrassé ?... Pourquoi aujourd’hui ne suis-je plus rien pour toi ?... Tu n’as donc pas de cœur ?... Tu es égoïste, tu ne penses qu’à toi… Je te déteste… Je te déteste… 

 

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Comment récupérer un amour qui s’envole ?

- Je ne vais donc pas tourner autour du pot pendant des heures. J’ai décidé d’intervenir auprès de toi, juste après que tu m’aies annoncé ton désir de prendre la soutane, parce que je t’aime et que je ne veux pas te perdre. Si tu accomplis prochainement ton vœu, je sais que mon amour sera immolé sur l’autel de l’abnégation. Cette optique est d’autant plus terrifiante que je suis persuadée que tu fais une grosse erreur en t’engageant dans cette voie. Tu vas sacrifier, ta vie, ma vie, notre avenir en la consacrant à une Eglise qui ne te mérite pas. En effet, avant de te parler ainsi, j’ai longuement réfléchi. Je suis persuadée que ta vocation n’a été possible qu’en focalisant uniquement ton intérêt sur les éléments positifs de cet appel que tu ressens vers Dieu. Tu as occulté, peut-être inconsciemment, la probité de la maison du Seigneur qui va t’accueillir et de ceux qui l’habitent. Aujourd’hui, j’ai décidé de palier à cet oubli et je veux tenter de t’apporter la démonstration que ta vocation, si elle doit un jour prospérer, elle ne pourra le faire que sur un terrain miné. Je vais faire abstraction de ta foi qui ne regarde que toi et je me cantonnerai à t’apporter uniquement les éléments sensés qui prouveront que ton engagement grave est effectué sur des bases douteuses, fausses ou malsaines.

- Comment vas-tu procéder ?

- Je vais me limiter à développer trois thèmes que j’ai choisis parmi tant d’autres, mais qui, à mon avis sont tellement conséquents, qu’ils te feront, j’espère, revenir rapidement sur ta décision. 

- OK, je ne commente pas. Je t’écoute ! 

- Si tu désires m’interrompre, ce sera uniquement pour me demander des informations supplémentaires, te permettant de mieux comprendre mes argumentations ! 

- J’ai bien saisi ! 

Sylvia avait compris qu’elle jouait là sa dernière carte. Il fallait qu’elle soit particulièrement convaincante pour atteindre parfaitement son objectif.

- Mon intervention portera sur trois points :

Primo : La Bible, c’est-à-dire le creuset de ta foi, n’a pas toujours été écrite en utilisant des sources authentiques et sérieuses.

Deuxio : L’Eglise, qui va devenir ta maison spirituelle, est incontestablement entachée d’évènements sanguinaires et de scandales fâcheux.

Tertio : Les légionnaires du Christ, ta future famille, sont loin d’appartenir à la filière sacerdotale la plus exemplaire. 

- Ton programme effectivement est très pessimiste. 

- Tu as raison Jason, c’est pourquoi je vais me sublimer pour que tu ne commettes pas l’erreur de sacrifier notre vie pour une cause qui ne le mérite pas!...